Le processus de cicatrisation est souvent une source d’inquiétude avant une intervention, en particulier un lifting. Les patientes qui redoutent de « mal cicatriser » ont déjà constaté qu’elles développaient des cicatrices visibles, ou ont déjà souffert d’une blessure qui a mis du temps à se refermer. Pourtant, la cicatrisation du visage présente des particularités qui la rendent généralement peu problématique.
La qualité de la peau, l’âge et l’ethnie jouent un rôle
Contrairement à une idée reçue, les sujets jeunes ne cicatrisent pas nécessairement mieux que leurs aînés… au contraire. Ils présentent notamment un risque supérieur de cicatrices hypertrophiques, une tendance particulièrement nette à la puberté et chez les jeunes adultes. Les variations hormonales qui caractérisent ces périodes pourraient y contribuer. Ainsi, une même intervention peut laisser une cicatrice épaisse chez une jeune femme, mais presque invisible chez une patiente plus âgée.
Le phototype et les caractéristiques cutanées liées aux origines ethniques interviennent également. Les cicatrices hypertrophiques, et surtout les cicatrices chéloïdes, sont plus fréquentes chez les personnes d’origine asiatique ou africaine que chez les personnes caucasiennes.
Qu’est-ce qu’une mauvaise cicatrice ?
Les cicatrices chéloïdes relèvent d’une cicatrisation pathologique. Il s’agit d’une réaction excessive de la peau. Au lieu de s’affiner progressivement pour devenir rosée, puis blanche, la cicatrice reste enflammée et continue à produire du tissu cicatriciel en excès. Elle s’épaissit et prend un aspect boursouflé qui peut persister au-delà de 18 mois. Les cicatrices chéloïdes restent heureusement exceptionnelles au niveau du visage. Lorsqu’elles apparaissent malgré tout, elles se retrouvent généralement dans la région située derrière l’oreille, ou au niveau du lobe.
Les cicatrices hypertrophiques résultent, elles aussi, d’une production excessive de tissu cicatriciel. Le phénomène régresse spontanément dans les 18 à 24 mois, mais la cicatrice demeure élargie. On peut accélérer le processus par des injections de corticoïdes, à condition de rester prudent. Mal réalisées, ces dernières sont susceptibles d’abîmer la peau alentour, en provocant notamment une atrophie. Outre le type de peau et l’âge, les cicatrices hypertrophiques peuvent être favorisées par une tension trop forte exercée au cours de l’intervention chirurgicale. C’est pourquoi l’un des principes essentiels du lifting consiste à éviter de faire reposer la tension sur la peau. Même en l’absence de cicatrice hypertrophique, une tension excessive peut entraîner un déplacement de la cicatrice, ou une déformation des tissus, notamment au niveau de l’oreille, qui peut alors s’étirer vers le bas. Le recours à une technique de type deep plane limite au maximum le décollement cutané, et la tension peut être reportée sur les tissus situés plus en profondeur. La peau est ainsi repositionnée sans être vraiment tirée. La qualité de la suture joue également un rôle : les berges de la plaie doivent être parfaitement affrontées, et la fermeture réalisée avec la plus grande délicatesse possible. Le type de fil utilisé a enfin son importance. Les fils résorbables sont particulièrement commodes, mais l’inflammation qu’ils provoquent peut générer, sur certaines peaux, une cicatrice hypertrophique.
Les cicatrices blanches. Au-delà de ces cicatrices particulières, certaines personnes ont également tendance à présenter une ligne très blanche en cicatrisant. Elle peut rester visible sur une peau bronzée ou naturellement pigmentée.
La cicatrice peut-elle avoir du mal à se refermer ?
Une cicatrisation longue ou difficile sur une autre partie du corps ne signifie pas nécessairement que la cicatrice du lifting rencontrera les mêmes difficultés. Au contraire, le visage est une région qui cicatrise généralement rapidement. Lorsque les deux berges de la cicatrice sont correctement affrontées, et que les tissus ne sont pas soumis à une tension excessive, les conditions sont réunies pour obtenir une cicatrice de très bonne qualité.
La cicatrisation est rarement un problème après un lifting
Le lifting réunit plusieurs conditions favorables à une bonne cicatrisation. Il concerne d’abord une zone où les cicatrices hypertrophiques sont peu fréquentes. Il est ensuite généralement réalisé chez des patients plus âgés, dont la peau produit des cicatrices de plus en plus discrètes avec le temps.
Mais surtout, l’objectif est de dissimuler la cicatrice dès le départ. Son tracé est soigneusement étudié pour être caché dans les reliefs naturels du visage. Lorsque cela est possible, elle se perd dans les cheveux, ou suit au plus près leur ligne d’implantation. Elle épouse également les courbes de l’oreille, en passant au sommet du tragus, voire légèrement en arrière, avant de se poursuivre dans le sillon rétro-auriculaire. Elle rejoint finalement à nouveau les cheveux, soit à leur contact, soit légèrement en avant.
Au fil des semaines et des mois, la cicatrice s’atténue jusqu’à devenir généralement très difficile à distinguer. Dans des cas rares, un léger élargissement, ou une petite hypertrophie, peuvent toutefois apparaître malgré l’absence de tension. Un traitement local par corticoïdes peut alors être envisagé, afin de réduire l’épaisseur de la cicatrice et d’en améliorer l’aspect.