Historiquement, les premiers liftings ont consisté à réaliser un simple décollement cutané, suivi d’une mise en tension de la peau. Cette approche expose toutefois à des déformations, un élargissement ou une migration des cicatrices. Les résultats sont par ailleurs moins durables et aléatoires. L’évolution des techniques a conduit à privilégier le traitement des plans profonds, afin d’obtenir une meilleure correction dans le temps.
Agir sur le SMAS
Au cœur des techniques modernes se trouve le Superficial Musculoaponeurotic System (SMAS). Constitué de fibres musculaires et de tissu conjonctif, il constitue au niveau du visage une interface entre les muscles peauciers (du sourire) et la peau. Au niveau du cou, il se prolonge par le platysma.
La dissection du SMAS consiste à le détacher du plan profond, afin de pouvoir le mobiliser et le repositionner. Cette approche permet d’agir bien au-delà de la peau, sur les structures plus profondes impliquées dans la ptôse faciale.
Les premiers liftings SMAS : une avancée incomplète
Dans un premier temps, les chirurgiens ont incisé devant l’oreille, pour décoller partiellement le SMAS en avant de la parotide et du masséter, avant de le remettre en tension. Comme ils ne dépassaient pas le bord antérieur de la parotide, il y avait peu de risques pour les branches du nerf facial. Le résultat s’est révélé plus naturel que la simple traction cutanée. Toutefois, cette technique agissait surtout sur les zones latérales du visage, et pas sur des zones clés comme la pommette. L’effet sur le sillon nasogénien, sur les excès cutanés latéro-commissuraux et le pli d’amertume était aussi insuffisant. Ce manque de bénéfices sur la partie haute du visage a conduit à concevoir le high SMAS.
Étendre la dissection avec le high SMAS
Le lifting high SMAS se caractérise par une extension de la dissection vers le haut, atteignant la région malaire (la pommette), la tempe et la région périorbitaire latérale.
Cette approche améliore la correction, notamment au niveau de la pommette et de la partie supérieure du sillon nasogénien. Elle s’accompagne toutefois d’une plus grande complexité technique, et d’un risque accru lié à la proximité de la branche frontale du nerf facial. Sa réalisation requiert une grande maîtrise de l’anatomie.
Les techniques sans dissection profonde : plicature, MACS lift, SMASectomie
Afin de simplifier le geste et de réduire les risques, certaines techniques ont cherché à limiter au maximum le décollement du SMAS.
Sans décollement profond, la plicature consiste à replier et à suturer le SMAS vers le haut et l’arrière pour le retendre, dans un geste qui ressemble à celui que l’on ferait pour refermer un livre. Cette technique a été largement utilisée.
Le MACS lift repose sur un principe proche, associant des sutures de suspension verticale à un décollement limité. Les sutures en bourse sont effectuées dans 3 zones différentes : jugale, malaire et pré-auriculaire.
La SMASectomie consiste, quant à elle, à couper une bande de SMAS pour créer une mise en tension du plan profond.
Ces techniques partagent une limite : en l’absence de décollement étendu, la mobilisation des tissus profonds reste partielle, ce qui restreint l’efficacité.
Un changement de paradigme avec le deep plane
La dissection du SMAS est longtemps restée circonscrite à quelques centimètres en avant de l’oreille, par crainte des branches du nerf facial. Cette zone correspond toutefois à un SMAS relativement fixe, très fibreux et adhérent, dont la mobilisation offre un bénéfice limité. Les techniques classiques, y compris le high SMAS, n’atteignent ainsi que partiellement le SMAS mobile, situé plus en avant. Or, il faut agir sur cette zone pour obtenir les meilleurs résultats.
Le lifting deep plane propose une approche différente. La dissection débute au niveau de la jonction entre SMAS fixe et SMAS mobile, ce qui correspond quasiment à la fin de la dissection effectuée dans le high SMAS. On part nettement plus en avant, et on va beaucoup plus loin, là où se situe le SMAS mobile. L’intervention permet de déplacer en bloc la peau, la graisse et le SMAS, en profondeur, au-dessus des muscles zygomatiques et en avant du fascia parotido-massétérique.
Il ne s’agit plus seulement de mettre en tension en tirant, coupant ou plissant les tissus : ces derniers sont mobilisés en profondeur et repositionnés, pour un résultat à la fois plus naturel et plus durable.