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Les produits de comblement ne sont pas sans conséquences

Les fillers occupent aujourd’hui une place importante en médecine esthétique. L’acide hyaluronique est de loin le plus utilisé, mais d’autres produits de comblement sont également disponibles, notamment l’hydroxyapatite de calcium, commercialisée sous le nom de Radiesse, et l’acide poly-L-lactique, connu sous le nom de Sculptra.

Les injections ne sont pas aussi anodines qu’on le pense, surtout lorsqu’elles sont répétées. Même résorbables, les fillers persistent parfois plusieurs années dans les tissus sous-cutanés. Au fil du temps, ils sont susceptibles de former des amas qui rendent certains gestes chirurgicaux plus délicats, notamment lors d’un lifting. La modification des plans anatomiques favorise alors l’apparition d’asymétries ou d’irrégularités. Leur présence peut également perturber la cicatrisation et contribuer à la persistance d’œdèmes.

Ils ne stimulent pas vraiment le renouvellement des tissus

Certains produits de comblement sont présentés comme capables de stimuler la production de collagène. Si cet effet peut sembler séduisant, il résulte en réalité d’une réaction de l’organisme peu désirable.

Toute injection de filler déclenche une réponse inflammatoire locale, suivie de la formation de tissu fibreux. Ce tissu cicatriciel, moins organisé, se révèle moins souple et moins fonctionnel que le tissu d’origine. Il peut ainsi créer des zones d’adhérence et de résistance qui rendent la dissection plus délicate lors d’un lifting. En pratique, la fibrose semble plus marquée avec le Radiesse et le Sculptra qu’avec l’acide hyaluronique.

L’acide hyaluronique : le seul produit qui peut être dissout

Comparé aux autres produits de comblement, l’acide hyaluronique présente un avantage majeur : il existe un antidote, la hyaluronidase, qui permet de le dégrader. Celle-ci peut être administrée lorsque le résultat est jugé insatisfaisant ou en cas de complication, notamment la formation de granulomes. Ces petites masses dures résultent d’une réaction inflammatoire inhabituelle autour du produit. La hyaluronidase trouve également son utilité en urgence lorsqu’une complication vasculaire survient : si un vaisseau est obstrué ou comprimé, l’irrigation des tissus peut être compromise et, dans les cas les plus graves, conduire à une nécrose.

Avant un lifting cervico-facial, la hyaluronidase peut aussi être employée pour dégrader les résidus d’acide hyaluronique présents dans les tissus du visage. Une échographie haute définition, parfois avec l’aide complémentaire d’une IRM, permet de repérer ces dépôts et d’en préciser la localisation. Le traitement intervient au plus tard trois semaines avant la chirurgie. Plusieurs séances sont parfois nécessaires pour obtenir une dégradation suffisante du produit.

Radiesse et Sculptra n’ont pas d’antidote

L’hydroxyapatite de calcium et l’acide poly-L-lactique sont eux aussi résorbables, mais leur dégradation est beaucoup plus lente. Surtout, contrairement à l’acide hyaluronique, il n’existe pas de produit permettant de les dissoudre avant une intervention chirurgicale. Lors d’un lifting, le chirurgien risque d’être confronté à des dépôts denses entourés de fibrose. Leur présence ne contre-indique pas la chirurgie, mais peut rendre la dissection et certains gestes chirurgicaux plus délicats.

Des injections mesurées pour limiter les risques

L’acide hyaluronique peut être intéressant pour corriger un déficit de volume modéré, mais il est moins adapté lorsque la perte de volume est importante. Dans ce cas, le transfert de graisse offre une alternative plus naturelle et satisfaisante, notamment lorsqu’il peut être associé à une intervention chirurgicale déjà prévue, comme une blépharoplastie. Selon les besoins et les attentes de chacun, un lifting cervico-facial peut également être envisagé après échange avec le chirurgien.

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