Des cellules graisseuses sont prélevées sur une zone du corps afin d’être réinjectées dans une autre, à des fins d’embellissement. Il s’agit nécessairement de la graisse du patient : le recours à un donneur n’est pas possible. Les principales zones de prélèvement sont l’abdomen, la face interne des cuisses et des genoux, ainsi que les trochanters, au niveau de la « culotte de cheval». Le choix du site dépend à la fois de la quantité de graisse disponible et de la qualité du tissu graisseux, qui doit être adaptée à l’usage recherché.
La macrofat pour restaurer les volumes
Ces particules graisseuses de plus grande taille sont utilisées en quantité importante pour augmenter le volume des seins ou des fesses, mais aussi pour corriger des asymétries ou restaurer des volumes perdus sur différentes zones du corps. La macrofat est prélevée par lipoaspiration à l’aide d’une canule d’environ 3 mm de diamètre, généralement multiperforée. Elle est ensuite préparée avant d’être réinjectée à l’aide de canules de 2,2 à 2,4 mm, ou, dans certains cas, avec la même canule multiperforée de 3 mm, associée à un système PAL MicroAire.
Cet appareil facilite la répartition homogène de la graisse. Les mouvements rapides et réguliers de la canule permettent de multiplier les trajets au sein des tissus et de déposer progressivement la graisse à différentes profondeurs dans la zone receveuse. Cette répartition en petits dépôts est essentielle à la survie des cellules graisseuses, qui doivent pouvoir établir des échanges avec leur environnement et bénéficier d’une vascularisation suffisante. À l’inverse, une concentration trop importante au même endroit compromet leur survie.
La microfat pour des corrections fines
La microfat est destinée à la chirurgie fine, principalement au niveau du visage. Elle peut être utilisée sur l’ensemble de ses régions, pour restaurer les volumes du tiers supérieur, notamment au niveau des tempes et du front, mais aussi pour traiter le contour des yeux, les pommettes, les joues et les lobes d’oreille. Elle permet également d’atténuer les sillons et les plis du bas du visage, de redessiner la ligne mandibulaire ou encore de donner davantage de volume aux lèvres et au menton.
Le prélèvement est réalisé dans une zone où la graisse est particulièrement fine et de bonne qualité, comme la face interne des genoux ou les trochanters. L’abdomen et la face interne des cuisses peuvent également être utilisés. La graisse est prélevée en petites quantités à l’aide de fines canules reliées à des seringues, puis filtrée et calibrée pour obtenir des particules de plus en plus fines, jusqu’à atteindre environ 1,2 mm. Cette préparation permet de travailler avec une grande précision dans les zones délicates, notamment autour des yeux.
La nanofat pour améliorer la qualité de la peau
La nanofat n’est pas destinée à traiter les volumes, mais elle est utilisée pour ses propriétés régénératives et son potentiel dans le vieillissement cutané. Elle contribue à améliorer l’aspect, la souplesse et l’éclat de la peau
Elle est obtenue à partir de la microfat, qui est soumise à un traitement mécanique supplémentaire jusqu’à obtenir une émulsion très fine. Ce procédé détruit les adipocytes et permet de conserver une fraction riche en cellules souches et en facteurs de croissance. L’émulsion peut ensuite être injectée dans le derme, en particulier dans la région péribuccale, mais aussi au niveau des joues et des pommettes, pour améliorer la texture et la qualité de la peau.
La graisse doit être préparée avant d’être traitée
Son traitement repose principalement sur 3 méthodes.
La centrifugation sépare l’eau, les globules rouges et les cellules graisseuses grâce à une centrifugeuse. Elle peut toutefois faire perdre les facteurs de croissance ainsi qu’une partie des cellules souches.
La décantation consiste à laisser la graisse au repos afin que ses différents composants se séparent naturellement.
Enfin, le lavage permet d’éliminer le sang et les débris cellulaire, mais au prix de la perte des facteurs de croissance et des cellules souches.
Pourquoi faut-il parfois plusieurs interventions ?
Seule une partie des cellules greffées survit durablement, avec des taux de prise souvent estimés autour de 50 %. Ce taux varie selon la zone traitée, sa vascularisation, la qualité du tissu prélevé et la technique utilisée. La région périorbitaire, par exemple, offre généralement de meilleures conditions de prise que la région péribuccale ou les lèvres, notamment parce que la graisse y est moins soumise aux mouvements. La quantité de graisse pouvant être intégrée par les tissus reste toutefois limitée : en injecter davantage ne permet pas d’augmenter le volume conservé. Lors d’une augmentation mammaire, par exemple, il peut être nécessaire de répéter l’opération 3 à 6 mois plus tard pour obtenir le résultat souhaité.