Deux plis naissant aux coins de la bouche et s’étirant vers les pommettes : la mimique du Joker, célèbre personnage maléfique, n’est pas le résultat que l’on souhaite obtenir après un lifting. Et pourtant, c’est parfois le cas.
Un sourire déformé
Les joker lines altèrent le naturel du résultat d’un lifting. Elles sont invisibles lorsque le visage est relâché, mais elles forment une cassure nette au milieu des joues dès que la patiente sourit.
Ce phénomène reste peu connu, car rarement mis en avant par les chirurgiens plasticiens. Sur les réseaux sociaux, les résultats de lifting montrent le plus souvent des visages immobiles, qui ne sourient pas. De plus, ces images sont généralement prises entre 1 mois et 3 mois après l’intervention, alors que l’aspect définitif ne se stabilise qu’au bout d’un an environ.
Des lignes s’apparentant aux joker lines peuvent exister naturellement chez les femmes jeunes, surtout lorsque la joue est creuse et la pommette marquée. Elles participent à la dynamique naturelle du sourire, et ne sont généralement perceptibles que de manière discrète. Elles disparaissent toutefois avec le temps, car le vieillissement du visage s’accompagne d’un relâchement des tissus et d’une modification des volumes qui tendent à estomper ces lignes.
Pourquoi les joker lines se forment-elles ?
Leur origine est liée à un déséquilibre entre la remise en tension des tissus et la dynamique naturelle des muscles du sourire. Lorsqu’un lifting repose sur une plicature du SMAS, le chirurgien tracte ce plan fibreux afin de redonner du soutien au visage. Or les principaux muscles du sourire, notamment le grand zygomatique, tirent naturellement la commissure des lèvres vers la pommette selon un axe oblique dirigé vers le haut et l’extérieur. Lorsque la traction du SMAS s’exerce dans un autre sens, elle peut entrer en contradiction avec ce mouvement naturel. C’est ce conflit de vecteurs qui engendre un sourire marqué par des plis disgracieux : le manque de libération entre le plan musculaire et le SMAS, ajouté à une traction opposée, génère des joker lines.
Le deep plane préserve la dynamique musculaire
La pratique du deep plane repose sur une dissection profonde en avant des muscles faciaux, en particulier du grand zygomatique. Ce décollement du plan supérieur permet de libérer les muscles qui peuvent ainsi conserver leur orientation naturelle. Seul le muscle platysma, au niveau du cou, est abordé par en dessous. Cette approche permet ainsi de prévenir, dans la grande majorité des cas, l’apparition des joker lines et des phénomènes de distorsion du sourire après un lifting. Toutefois, ce problème peut encore se produire avec un deep plane si la dissection est incomplète et que le grand zygomatique n’est pas complètement libéré.