Le lifting cervico-facial nécessite plusieurs heures de chirurgie. Dans certains cas, le patient peut se voir poser, en outre, un filet percutané. Il s’agit d’un maillage de points de suture à l’endroit où la peau a été décollée. Mais pourquoi ajouter une étape à une opération déjà lourde ?
L’objectif : prévenir les hématomes
Cette décision réduit drastiquement un risque majeur des suites opératoires : la formation d’un hématome sous la peau. Si le « bleu » constitue une légère nappe de sang sans conséquence, l’hématome est plus sérieux. Il forme une boule susceptible de laisser des irrégularités après la cicatrisation, ainsi que des rétractions. Il peut également augmenter le risque de nécrose cutanée. Enfin, lorsqu’il se forme au niveau du cou, l’hématome risque de comprimer la trachée et de gêner la respiration. Cela peut être le cas en particulier dans les liftings deep plane, puisque le chirurgien est amené à décoller toute la peau du cou.
L’hématome est une complication connue et imprévisible, car l’hémostase ne peut pas être contrôlée à 100%, même par des mains expertes. Pendant l’intervention, la coagulation et l’injection de médicaments, comme l’adrénaline, maintiennent les vaisseaux resserrés. Lorsque l’effet de cette vasoconstriction s’atténue, la reprise de la circulation peut révéler de petites sources de saignement qui étaient jusque-là invisibles. La formation d’un hématome est aussi possible quelques jours après l’intervention, quand un vaisseau déjà coagulé se rouvre, par exemple sous l’effet d’une hypertension.
Un geste en plus… pour éviter les reprises
La technique du filet se révèle plus efficace que les méthodes habituelles de prévention : les drains et le pansement compressif. Ces dispositifs n’empêchent pas la formation d’hématomes dans 5% des cas, pour les femmes, à 10% des cas, pour les hommes. Cela nécessite une reprise chirurgicale, qui dure entre 1 heure et 1 heure 30. Il faut rouvrir, drainer, nettoyer, rechercher le vaisseau responsable, puis refermer. Le filet, lui, empêche pratiquement tout saignement.
Une fois que le travail de lifting a été effectué, vient le moment des sutures et du pansement. Le filet est alors mis en place. Il est constitué de plusieurs lignes de points qui accolent la peau au plan profond du visage. Cette trame de fil en nylon forme une compression homogène, qui contient le saignement en diminuant l’espace mort.
Le filet est indolore et améliore la qualité du résultat
Contrairement à ce que l’on pourrait craindre, le filet n’augmente pas les éventuelles douleurs ressenties après l’opération. Il est retiré dans les 3 à 5 jours qui suivent, sans laisser de traces. Autre avantage : le fait de plaquer la peau contre les couches de tissu sous-jacentes permet de la fixer précisément et durablement. Sans cela, elle peut reprendre une position plus basse, sous l’effet de l’élasticité. La durée de vie du lifting est également supérieure à celle d’une intervention réalisée sans filet.
Un hématome peut-il se former malgré tout ?
C’est très rare, mais ce n’est pas impossible. La reprise consiste alors à rouvrir seulement une petite portion de la cicatrice, afin d’aspirer l’hématome avec une canule. Une fois nettoyée, la zone est refermée, le filet et le pansement compressif sont replacés. L’opération ne prend pas plus de 15 à 20 minutes.